mercredi 11 août 2010

Ironman Lake Placid 2010

L’Ironman, c’est grandiose, mais ça ne se résume pas à une seule journée. Évidemment toute l’attention est donnée au jour J (au jour I.), mais c’est tout le parcours pour y arriver qui est merveilleux.

Ça faisait un bon 2 ans que j’avais cet objectif dans ma mire.... que je m’y préparais progressivement. Laisser le temps au corps de se construire, et à la tête de se faire à l’idée. Et puis y rêver pendant si longtemps permet d’étirer l’événement, de le savourer plus longtemps, d’en avoir plus pour son argent.

Le dernier mois a été magique. Je l’appréhendais, je pensais que je serais épuisée, irritable, anxieuse, etc. Pas du tout, j’étais constamment à fleur de peau, les larmes me coulaient de bonheur pour tout et rien. J’ai vécu des superbes moments d’entraînement où j’en frissonnais tellement je me sentais privilégiée de pouvoir vivre un si gros et beau trip. Il y a seulement eu deux soirs, après avoir totalement vidé mes réserves dans les entraînements des jours précédents, où devoir mastiquer mon souper me demandait un effort quasi surhumain – je me serais carrément endormie dans mon assiette. Mais c’est tout. Honnêtement, j’ai trouvé la préparation plus facile que j’aurais cru.

Lake Placid est un petit paradis en soi. Ça fait 3 étés que je vais m’y entraîner et je ne m’en lasse jamais. Les paysages sont à couper le souffle. Les Adirondacks, ces majestueuses montagnes qui nous entourent et nous enveloppent. Elles sont notre perpétuel arrière-plan, peu importe dans quelle direction se pose notre regard. Les routes sinueuses qui longent les rivières dans un creux de vallée. L’ambiance de la ville imprégnée de son aura olympique. Et la quantité d’athlètes d’innombrables disciplines qui s’y retrouvent pour pratiquer leur passion. Un vrai régal à chaque expédition.

J’étais très sereine la veille de l’événement. Je me sentais PRÊTE avec un très grand P. C’est difficile à expliquer d’où ça vient, mais il arrive parfois qu’on ressente certaines certitudes au fond de soi (pas si souvent en ce qui me concerne), et là c’était le cas. Mon corps était reposé. J’avais suivi mes entraînements à la lettre et j’ai une confiance inébranlable en Pierre, mon entraîneur. Des fois (souvent), j’ai l’impression qu’il connaît mon corps mieux que moi. Ma progression est incroyable grâce à lui depuis 5 ans. Et il a toujours su me faire peaker exactement au bon moment. Je savais que je n’avais qu’à suivre son menu et l’affaire serait ketchup. Mon mental aussi était très solide, grâce entre-autre à une contre performance du début juin sur un demi-ironman où j’ai vu que la forme physique c’est une chose, mais l’attitude qu’on a durant l’événement joue pour au-delà de 50% sur la performance. J’ai réalisé que l’ironman serait un long chemin de croix si je partais avec le cerveau en jello. Je me suis beaucoup parlé, pour tenter entre autre de retrouver ce qui, à la base me poussait à aller faire des folies du genre. J’ai trouvé quelques pistes, et tout s’est mis à bien aller à partir de ce moment.

J’ai pris le départ en étant aussi excitée qu’une enfant qui s’en va passer une journée à la Ronde. Je savais que je vivrais tout plein de sensations (j’aime beaucoup les sensations fortes…. C’est d’ailleurs l’une des pistes que j’ai trouvé durant mon travail mental), que la journée serait riche en émotion. Je savais que j’aurais mal et j’étais prête à affronter cette douleur. Je m’étais quand même octroyé quelques alliés pour réduire cette souffrance : je m’étais pré-emballé des petits sachets de 2 advils que j’avais pris soin de dissimuler dans une pochette de mon vélo. J’en avais mis d’autres dans la petite poche de mes shorts de course. 2 advils aux 4h… c’est peut-être de la triche, mais si ça peut contribuer à un confort relatif, ça ne me gêne pas trop. Mon allié mental pour vaincre la souffrance et l’écoeurement était mon expérience au marathon canadien de ski en 2009 où je n’avais jamais été si loin dans l’épuisement physique et psychologique après avoir skié 80km en 11h avec une bronchite. De cette fois-là, je me souvenais que même quand il ne reste pu de gaz, il en reste encore.

Dimanche matin, on arrive tôt sur le site (5h), mais tout va relativement vite… le temps d’ajuster les derniers réglages du vélo et des sacs, se faire marquer, et tout le tralala. Je croise Simon (mon ex), qui sort de nulle part. Il vient vers nous. Lui et mon nouvel amoureux se saluent, puis il m’embrasse et me dit que j’aurai une bonne journée. Petit malaise, mais en même temps j’étais contente de le voir. Je trouvais que c’était un beau symbole de démarrer cette journée en saluant celui qui m’a tant inspiré et donné le goût de prendre part à cette grande épreuve.

L’ambiance est vraiment agréable, tout le monde est de bonne humeur, ça fait des jokes, on est tous heureux d’être là.

15 minutes avant le départ, je fais un gros câlin à mon amoureux, on a les yeux plein d’eau. J’embrasse mon père et sa blonde, Geneviève et ses parents. Je leur souhaite une belle journée. Je sais qu’ils s’amuseront de leur côté aussi si je me fie à mon expérience des années passées. Je les quitte en leur demandant une seule faveur : j’aimerais qu’ils s’inventent une petite chorégraphie pour quand je passerai en course à pied. Je sais à quel point rire soulage de la douleur quand on est à bout. Et ils ont toute la journée pour y penser.

C’est enfin le moment, MON moment. Je m’achemine vers l’arche de départ en terminant de mettre mon wetsuit. Je croise JP et Éric, mes colocs à la résidence où nous logeons durant la fin de semaine. On a tous le sourire fendu jusqu’aux oreilles. On se souhaite bonne chance et on entre dans le lac. Et là… là c’est certainement le moment le plus intense de toute ma journée… l’instant que j’attendais depuis si longtemps. L’électricité est palpable dans l’air, c’est incroyable. 2600 athlètes fébriles sur le point de partir + au moins 10 000 spectateurs tout aussi excités autour du lac. Je me tourne pour les voir. J’ai l’impression d’être sur le stage d’un gros show Rock. Je n’ai jamais rien ressenti d’aussi fort. Je comprends les artistes qui deviennent drogués de la scène… Et je me mets à sangloter de joie.

Pour le départ, j’ai décidé de me placer pas mal au milieu des nageurs, je sais que ça va brasser, mais comme je me sens assez calme, je sais que je suis dans de bonnes dispositions pour dealer avec ça. J’ai les pieds dans le vide et je patauge doucement entre les gars (pas beaucoup de filles… 24% au total, et elles sont peu à s’être placées dans la cage au lion comme je l’ai fait…. J’étais peut-être un peu inconsciente de faire ça, mais bof!). L’hymne national…toujours émouvant même quand on n’est pas patriotique pour un sous. L’animateur qui nous demande si on est prêt… on crie fort… une autre larme. Il nous scande un « LET’S ROCK AND ROLL BABY» puis j’entends le PWOUEEEEEEETTTT du départ. Ça y est, on y va!

Le premier km est carrément de la gestion de trafic. Un Métropolitain à 50 voies de large en pleine heure de pointe. On peut pas vraiment « nager » parce qu’il y a du monde partout autour, mais ça crée un espèce de courant tout ce beau monde-là et on a qu’à suivre en essayant de pas avaler trop d’eau. C’est certain qu’on s’accroche les uns, les autres, ça peut pas faire autrement, mais ça reste courtois, personne aime ça le ring de boxe alors la plupart fait attention.

Le lac devient vite un immense rectangle autour duquel on évolue. On doit faire 2 tours. Déjà après le premier tour j’ai plus d’espace pour nager et, sur les conseils d’un triathlète que je connais, je vais parfois nager à l’intérieur du circuit pour être moins dans le « tas de monde ». C’est permis, en autant qu’on contourne les bouées du bout du lac par l’extérieur. L’ennui c’est qu’on n’a pu l’avantage d’être tracté par le courant créé par les autres nageurs. Alors je me promène de l’un à l’autre. Quand je suis tannée de recevoir des coups, je vais à l’intérieur du circuit, quand je suis tannée de forcer je retourne dans le monde et je trippe parce que le fameux courant donne vraiment l’impression de surfer. À un certain moment, juste comme je me tourne la tête vers la droite pour respirer, à cet instant précis, la personne à côté de moi respire sur sa gauche, et comme on est exactement à la même hauteur, on passe à 1 cm de s’embrasser. J’ai éclaté de rire, je trouvais ça pas mal cocasse.

La natation a passé vite, mais juste comme j’allais finir, à environ 200m de la fin je dirais, j’ai droit à la visite d’un espèce d’abruti qui lui, se prend pour un bulldozer et « fonce dans l’tas ». Il nage comme un robot programmé, peu importe s’il y a quelqu’un devant lui ou non. L’ennui c’est que c’est moi qui est à côté et qu’il ne nage pas tout à fait assez vite pour me dépasser. Après 4-5 coups de sa part, je me tanne de son attitude agressive et lui lance un gros TABARNAK- ÇA VA FAIRE!! Il ne bronche pas alors je le pousse vers la gauche de toutes mes forces avec mes mains et il se met à nager vers le milieu du lac. Quel con, je me dis. Puis un kayakiste lui fait signe qu’il est dans la mauvaise direction alors il revient… horreur, il revient encore sur moi et recommence ses attaques. Je suis hors de moi et je me mets carrément sur le côté pour le kicker et je « varge » dessus comme une défoncée. Ça défoule, mais je me prends une belle crampe au mollet à force de le kicker. Bravo! Je suis bien avancée…. Je me tourne sur le dos, le temps d’étirer ma jambe. Un kayakiste me voit en s’en vient, mais tout est ok, je recommence à nager en n’utilisant plus mes jambes parce que je sens que le mollet est sur le bord de cramper à nouveau. De toute façon j’ai presque fini et l’imbécile a disparu.

Je sors de l’eau, la foule est en délire, c’est incroyable. Gros boost d’adrénaline encore. Je cours vers la zone de transition, ramasse mon sac avec tout ce dont j’aurai besoin pour le vélo. J’entre dans la « tente des filles », m’installe sur une chaise et vide mon sac. La première chose sur laquelle je tombe est le tube de chamois butter (pour les néophytes : il s’agit d’un genre de crème/vaseline que l’on s’applique pour éviter les désagréments du frottement aux fessounes… n’est-ce pas Dan?!), je m’en prend un gros sploutch (suffisamment pour 180km), me plonge la main dans le cuissard et me tartine allègrement. Au même instant, une bénévole arrive pour me demander si j’ai besoin de son aide… je lui réponds que « non, non ça va aller », puis on part à rire quand elle se rend compte du timing de sa question. Ensuite une autre bénévole s’amène et me badigeonne de crème solaire pendant que j’attache mes souliers. Elle me montre toutes les choses qui sont près de moi en me demandant si j’aurai besoin de ceci ou cela. Heureusement qu’elle est là, j’allais partir sans mes lunettes. Elle récupère tous mes trucs et ira reporter mon sac à sa place sur le rack-à-sac. Je la remercie chaleureusement, elle me souhaite bonne chance, les échanges sont sincères et intense, le regard est franc et droit dans les yeux. C’est vraiment particulier la relation avec les bénévoles tout au long de la journée. Ils sont tellement précieux, et sont vraiment « LÀ » pour nous.

Ensuite il ne me reste qu’à passer à la toilette sèche puisque l’ironman a eu le joyeux timing de tomber sur la mauvaise semaine de mon mois…. Quelle erreur d’avoir mis mon chamois butter AVANT de mettre mon tampon! Je me suis battue avec ça un gros 2-3 minutes (dans un espace si restreint et malodorant de surcroit) avant de réussir à l’installer… il ne faisait que me glisser des doigts. Joie. Moi qui suis si patiente pour ce genre de chose…. Pfff!! 11minutes qu’elle m’a prise ma transition… c’est long hein?! Voilà pourquoi.

Vient ma partie préférée…. Une belle balade de 180km en bécyk! Je fais attention de ne pas trop m’emballer, ce serait trop facile de pousser à un beat qui me fait plaisir mais je dois me garder des cartouches pour le marathon qui suivra. La constance est le mot clé de cette journée. Constance dans le rythme - constance dans l’énergie. Ce qui veut dire que je dois manger et m’hydrater régulièrement. J’en suis consciente, je ne m’en sortirai pas si je ne fais pas attention. L’hydratation ça va, mais manger est souvent une lacune en entraînement. J’oublie carrément de me nourrir. Et souvent je préfère manger de la vraie nourriture en revenant à la maison. Cette fois-ci, j’ai bien géré ma bouffe. J’avais retrouvé un ancien plan de nutrition où j’ai vu qu’il fallait que j’ingère idéalement 130g de sucre (hydrate de carbone) à l’heure. Ce qui équivaut à 2 Clifs Bars ou 4 gels. C’est quand même beaucoup… J’avais donc choisi 1 barre + 1 gel à l’heure. J’avais tout sur moi et/ou sur mon vélo. J’ai aussi pris 2 Boosts (substitut de repas).

En vélo, on avait des stations de ravitaillement à tous les 15km. Les bénévoles se tiennent sur le bord de la route et nous tendent de l’eau, des boissons énergétiques, des gels et des bananes. Ils sont une bonne vingtaine alors on n’a qu’à ralentir et ramasser ce qu’on veut. Il y a aussi des espaces avant et après les tables de ravitaillement pour lancer nos déchets. Ils avaient même confectionné des cibles, pour le fun, où on pouvait lancer nos bouteilles! J’ai vu un cycliste juste devant moi réussir à viser en plein dans le mille! Tout le monde l’a applaudi!

J’ai vraiment eu du fun en vélo, je me suis répétée je ne sais combien de fois : «mais c’est donc ben cool »… ou… « C’T’ÉCOEURANT!! - C’T’ÉCOEURANT!! - C’T’ÉCOEURANT!! », etc. Je me souviens aussi que je regardais de temps à autres mon odomètre, et quand j’ai vu 130km, je me suis fait la réflexion : « tiens… si j’étais partie de chez moi tantôt, là j’arriverais chez ma mère à Sherbrooke… hé ben…. ». Il y a eu pas mal de monde qui m’ont fait rire aussi. Le parcours se divise en 3 sections : un qui descend, un en faux plats et un qui monte. Durant le premier tour, sur la section de faux plats (ma préférée), on était à peu près toujours les 6-7 mêmes athlètes à se dépasser chacun notre tour sur environ 20km. À un certain moment ça devient presque réconfortant de reconnaître les mêmes personnes et il s’installe une forme de complicité. J’étais la seule fille du groupe et après avoir été un p’tit bout à l’avant, je me suis tassée vers la droite (pour bloquer personne qui aurait souhaité me dépasser), quand j’ai vu que l’accotement devenait plus large. Un des gars m’a dit : « hey! What the hell, you’re supposed to be our front girl ». J’ai bien ri.

Plus tard, après avoir passé une station de ravitaillement vers l’heure du midi, un cycliste me lance : « Hey! Isabelle (nos prénoms sont inscrits sur nos dossards), it’s not fair, it’s lunch time and they only giving us gels and bananas... i’m hungry, i want hamburgers!” . AHAHAH!

Un autre beau moment de ma journée fut vers la fin de la première boucle de vélo, quand mon ami Jocelyn est apparu à côté de moi. J’étais contente de le voir, on a échangé un peu sur notre expérience jusqu’à date, puis on s’est dit que ce serait pas mal cool de rentrer au village ensemble puisque nos cheerleaders étaient ensemble en plus. Quand on est arrivé dans la dernière côte, la fameuse « Papa Bear », je me suis sentie comme au tour de France, il y avait plein de monde pour nous encourager de chaque côté de la route. Et ainsi de suite sur environ 2 km. C’était vraiment exaltant. On balayait la foule du regard pour chercher notre gang, mais tout passe vite… quand on les a finalement croisés, ils se sont mis à sauter et à crier, on ne pouvait pas les manquer. C’était comme un bout de texte passé au marqueur sur une grande page remplie de mots. WOUUU-HOUUUU!! J’étais complètement « hyper » et j’arrêtais pu de jaser… Jo devait me trouver fatigante. En sortant du village on s’est souhaité une bonne fin de journée et on a repris chacun notre beat.

Durant le 2e tour, j’ai reconnu une fille que j’avais croisée souvent depuis le début. On se dépassait à tour de rôle. Ça arrive souvent en compétition et en général il se crée une complicité. C’est juste drôle. Elle était au milieu de la route et moi un peu plus à droite, alors quand je suis arrivée à sa hauteur je lui ai fait un sourire… elle me regarde et sur un p’tit ton pincé, me dit : « you’re not supposed to pass me on my right ». QUOI?!! J’en revenais pas! Je suis restée tellement l’air bête… je regarde son dossard et vois que nos numéros sont près, ce qui veut dire qu’on est dans la même catégorie. AH! Voilà son problème, je suis sa rivale! Je vois ensuite son prénom : Diva! Là je comprends tout. Alors je la dépasse par la gauche cette fois et elle me lance un : « ahhh now you’re doing right ». Je suis capable de faire preuve d’un bon esprit sportif en temps normal, mais certaines attitudes me piquent à vif et je m’emporte assez facilement dans ces cas-là. Je n’ai pas pu me retenir de lui envoyer un « Hey, tu te prends pour qui princesse? » Elle me dépasse ensuite dans la descente, mais je la repasse plus loin sur le plat, et en me voyant elle me lance un « damn », je ne me souviens pas de tout ce que je lui ai dit mais je ne me suis pas gênée dans mes insultes…. (il me semble que "grosse torche" faisait partie du vocabulaire...). J’ai pas osé le faire en anglais, elle était quand même plus grosse que moi, j’avais peur qu’elle décide de m’enfarger. Après ça j’ai décidé de crinquer un peu le niveau, question de me débarrasser d’elle pour de bon. Je ne voulais plus avoir son énergie négative dans les pattes. Les cartouches dépensées là en vaudraient la peine. Ça a fonctionné. Je ne l’ai plus revue.

Le reste du vélo s’est bien passé. Juste au moment de finir, comme on prenait le dernier virage, un gars qui roule à côté de moi lance tout haut : « Ohhhhhh m yass will be SOOO happy! ». autre éclat de rire.

Course à pied : j’avais les jambes relativement fraîches en débutant. Bonne chose. C’est quand même mon baptême du marathon. Je dirais que jusqu’au premier 21km de course, je me disais : « ben voyons… y’a rien là faire un ironman ». La fatigue s’est installée à partir du milieu du marathon. Faut dire que toute la journée on est porté par l’adrénaline de vivre quelque chose d’aussi grandiose. Sans avoir eu d’enfant, je serais quand même portée à comparer ça avec un accouchement. Selon ce que j’en ai entendu… Tu sais que ça va être long et que ça va faire mal, mais en même temps c’est un événement tellement heureux que ça te fait passer au travers plus aisément.

Sur le parcours de course, il y avait des stations de ravitaillement à chaque mille. Ma stratégie : boire 2 verres (1 d’eau + 1 de coke ou de gatorade) à chaque station et prendre un gel à toutes les demi-heures. La météo était parfaite… 22°C, nuageux avec quelques éclaircies. Pas de gros soleil plombant. Très confortable. Avec la fatigue qui s’accumulait je me suis mise à spasmer aux jambes. Dans les quads, mais aussi dans les muscles latéraux au-dessus des chevilles, ce qui fait que les pieds me partaient sur le côté dès qu’ils ne touchaient plus le sol. Je trouvais ça drôle – pcq pas douloureux, mais j’espérais juste que ça ne me fasse pas verser le pied en le déposant au sol. Pas le temps de se faire une entorse.

Vers 17h, ils ont sorti le bouillon de poulet. En général ce n’est pas une bonne idée d’essayer quelque chose de nouveau durant une compétition, mais mon instinct me disait que ça me ferait du bien. Effectivement! Quel réconfort. J’avais un peu froid aussi faut dire… soleil absent et venteux… quand on est mouillé de sueur et fatigué, on arrive plus à se réchauffer. Bref, le sel du bouillon me changeait du goût du sucre que j’avais ingurgité depuis le début de la journée, et aussi ramenait l’équilibre des minéraux je pense puisque les spasmes ont cessé à partir de là. J’alternais donc à chaque ravitaillement… une fois un gel, l’autre fois un bouillon. Les spasmes sont disparus, mais ils ont laissé la place à une sensation d’avoir des 2x4 au lieu des jambes… ou du moins quelque chose de dur qui plie pu. Je ne pouvais plus vraiment me propulser alors je me concentrais sur ma position : rester droite et ne pas m’écraser puisque plus on est lourd, pire c’est. Et aussi à faire tourner mes jambes avec la meilleure cadence possible. C’est le seul contrôle que j’avais. Pour le reste, fallait que je sois patiente et je finirais bien par arriver au bout de mon trottinage. Je suis très contente de mon marathon puisque j’ai réussi à résister à l’envie de marcher. J’ai marché à tous les points de ravitaillement pour bien boire tout le contenu de mon verre sans que tout revole dans tous les sens (boire en courant, c’est tout un défi!), mais c’est tout. Je n’allais pas très vite, mais c’était déjà plus vite que la marche. Aussi… j’ai gardé le sourire jusqu’à la fin. Parce que malgré tout, j’avais encore du fun.

Au milieu du marathon quand je suis passé au village et que j’ai vu ma gang me faire la petite chorégraphie que je leur avais demandée le matin, j’ai tellement ri! C’était trop cute! Ils ont été génial. Ça m’a redonné un autre gros boost. Et un peu plus loin, il y avait aussi une autre gang composée de mon amie Sylvie accompagnée d’athlètes du club de triathlon St-Lambert, et juste en face, de l’autre côté de la rue, il y avait le club de triathlon les Chickens. Ce qui fait que dès qu’un québécois passait et que l’un des 2 groupes les connaissait, ils se mettaient à scander son nom à l’unisson…. Ils devaient bien être une quinzaine au total…WOW! Quel enthousiasme contagieux. Du pur bonheur.

La fin… la fin du parcours est une longue et pénible montée d’environ 2 km… très abrupte au début puis en faux plat ensuite, jusqu’à ce qu’on arrive au turn around au bout du lac. À partir de là je savais qu’il ne restait que 10 minutes… j’étais à bout, mais j’avais qu’à me laisser descendre tranquillement. J’avais des serrements à l’œsophage (l’émotion), mais j’étais aussi étourdie… il était temps que ça finisse. Plus j’approchais de l’anneau olympique, plus j’entendais la foule, la musique et l’ambiance électrique, et plus le sourire revenait… quel beau moment quand on entre sur l’anneau…. On court un demi-tour et puis ça y est, on a l’arche devant soi…. Le 5 secondes que j’ai vécu si souvent en entraînement et qui me faisait pleurer…. Il était là, j’étais enfin dedans. Ça a passé trop vite, je flottais, plus rien n’existait. Moi qui avais si hâte d’entendre le mythique « Isabelle Turcotte… YOU ARE AN IRONMAN »… j’ai rien entendu.

Une fois sous l’arche, je me suis embrassé la main que j’ai ensuite levée au ciel. C’était mon hommage aux athlètes décédées sur la 112 ce printemps. Ça m’a tellement jetée à terre cet accident-là, elles s’entraînaient justement pour cet événement. Je leur avais dédié mon ironman. J’ai en même temps salué mes petits anges gardiens qui veillent sur moi et à qui j’ai un peu jasé durant la journée…. Mon grand-père, Juliette et mamie-lou mes chatounettes disparues, Richard….

Aussitôt l’arche franchi, un bénévole m’a « ramassé » et m’a serré très fort contre lui en me demandant comment je me sentais. J’avais un sourire si large qu’il devait certainement dépasser les limites de mon visage… il m’a félicité puis m’a tranquillement amené vers la personne qui me remettait ma médaille. Il était tellement chaleureux et réconfortant. WOW! (encore!)… j’ai pas arrêté de le remercier. On est allé chercher mon t-shirt et ma casquette de finisher. Il m’a redemandé comment je me sentais, et si j’avais des gens qui m’attendaient, si je voulais qu’il m’accompagne jusqu’à eux, etc. Tout allait très bien alors il m’a laissé partir. J’ai vu mon chum au loin et me suis mise à marcher vers lui. Je pensais que j’aurais pleuré, mais j’étais tellement contente que cette émotion-là prenait toute la place. Il y a même un bénévole qui m’a dit : « you’re not finishing an ironman, it’s impossible, you don’t look enough tired ». Énième éclat de rire de la journée.

J’ai embrassé mon chum, mon père et Francine, sa blonde, et je me suis mise à jaser… jaser… jaser… jaser… sans arrêt et toute la soirée jusqu’à minuit, parce qu’on est resté jusqu’à la fin pour accueillir tous les athlètes qui terminent leur ironman, comme c’est la tradition.

J’ai des millions de remerciement à faire à plein de monde, mais j’aimerais souligner à quel point mon chum a été extraordinaire dans son support tout au long de cette aventure…. Avant pendant et après. Qui aurait cru qu’un urbaniste pouvait aussi posséder autant de talents de psychologue, de massothérapeute et d’infirmier…. Une vraie petite maman pour moi. Et à part ma propre mère justement, y’a pas grand monde qui a déjà pris – et que j’ai laissé prendre - autant soin de moi. Merci Benito!

Je souhaite à tout le monde de pouvoir vivre une expérience aussi riche, un jour. Désirer quelque chose aussi fort et se donner les moyens d’aller le chercher….s’offrir cette si grande satisfaction, c’est difficile à battre. Et c’est beaucoup plus accessible qu’on pourrait le croire.

Pour visualiser l'album photo: https://picasaweb.google.com/pitlipitli/IronmanLakePlacid2010#

mercredi 24 septembre 2008

Hasard déjoué

J'ai eu récemment le flashback d'une anecdote assez particulière, survenue il y a une couple d'années, mais qui vaut vraiment la peine d'être partagée.

Je m'en allais au marché Jean-Talon, tranquilou-dans-ma-bulle, quand j'aperçois mon ami JP un peu plus loin devant, à l'intersection St-Denis/Jean-Talon. Je pars en courant pour aller lui sauter au cou par derrière. Puis... arrivée à sa hauteur, une seconde avant de sauter, j'ai un mini doute. Je m'arrête et vérifie.... je m'étais effectivement gourée, c'était pas lui. Je poursuis mes pas.... 15 secondes plus tard, le vrai JP se pointe à ma droite, me donne un coup de coude et me dit: «tu passes à côté de moi en courant et tu me dis même pas bonjour!»...!!
.....AH!
Ben justement, je te courais après, j'étais certaine que t'étais lui, là... là-bas.

J'étais stupéfaite.
Je le suis encore.
C'est dingue la vie des fois.

vendredi 19 septembre 2008

Entendu cette semaine...

D'un père mécanicien automobile à son fils massothérapeute:
«Quand la patente marche, touche z'y pas!».

dimanche 14 septembre 2008

Buzz

Pourquoi la brise appartient-elle à cet homonyme quand elle n'a rien du fracas et qu'elle est si douce au visage?

vendredi 5 septembre 2008

Masse Cocasse

J'ai une nouvelle voisine depuis 2 mois.
On n'a pas vraiment eu l'opportunité de faire connaissance encore (la ville, quoi!).
Mais cette semaine, j'ai vu qu'elle avait mis des draps de massage sur sa corde à linge.
Ce qui signifie que nous sommes 3 voisines masso, côte-à-côte.
Je suis celle du milieu.
Ça m'assure d'une tranquilité certaine!
Imaginez le mood subitement ressenti quand les passants traversent notre zone.
Un twilight zone de la modernité.

jeudi 4 septembre 2008

Le goût des autres

J'ai toujours eu le mimétisme sensible...
Dès que je passe passablement de temps avec quelqu'un que j'aime beaucoup, je me mets à adopter des p'tits morceaux de sa gestuelle, certaines intonations dans son parler, etc.

Un peu comme une façon de les faire vivre en moi.

Surprenez-vous donc pas si vous vous appercevez que je vous ai volé un bout de votre déploiement d'auriculaire-attachant-son-lacet (ça peut aller jusque là...), ou encore du plongeon de votre voix au moment de prononcer «calculatrice»....
Prenez-le comme un compliment.
C'est signe que je vous aime beaucoup.

Pour ceux qui ont croisé S. vous reconnaîtrez plein de bouts de lui qui survivent en moi...des petits naufragés de lui. Il est celui dont je me suis le plus contaminée dans la dernière année.
Qu'est-ce que je disais déjà.... plus j'aime, plus je mime?
Mmmmmmmm....

samedi 30 août 2008

L'humain sous microscope

C'est fou à quel point les gens n'arrivent pas se à dire les vraies affaires.
Ça m'a toujours un peu énervé. Et j'ai beaucoup de respect pour quelques amis autour de moi qui ont cette grande qualité de franchise. Je pense notamment à Véro et Éric qui sont les premiers à me venir en tête. Même s'ils manquent parfois de tact (avec la blonde de Jacques....ahahah), au moins, on sait toujours à quoi s'en tenir. Et ça c'est merveilleux.

Je vis en ce moment une excellente situation qui permet d'en témoigner;
les clients qui téléphonent pour un rendez-vous et qui apprennent que je suis temporairement handicapée. Je leur explique la situation et leur offre la possibilité d'un massage à une main s'ils y tiennent ou alors, d'attendre la guérison. Sans pression. J'essaie du mieux que je peux de les faire sentir bien à l'aise dans leur choix.
Je serais sans doute la première à hésiter de me faire masser par une seule main....
C'est assez divisé. Moitié-moitié je dirais. Mais dans ceux qui refusent, pas un seul a été assez honnête pour me dire: «sais-tu, ça me tente pas ben ben juste une main».
Incroyable tous les prétextes qu'ils me servent:
«On veut pas t'exploiter ou te fatiguer pour rien, profites-en pour te reposer»...
Inquiète-toi pas Bozo, je suis assez fainéante de nature, si je pensais pas pouvoir le faire, tu peux être certain que je l'offrirais pas.
«Ahhhh.... bon regarde, je sais pas encore à quelle heure exactement je peux y aller, je te rappelle demain pour confirmer. Sans faute.» .... et ne rappellent jamais...
Pffffffff...
Je ne le prend pas vraiment personnel. Ça ne m'offusque même pas, ça fait juste me donner l'heure juste sur ceux qui se cachent derrière les gens qu'on croit connaître.
L'humain possède de grandes capacités pour se tirer dans le pieds...
On ne peut qu'être spectateur de son propre enlisement.
Bien sûr, c'est inoffensif... on ment souvent pour éviter de blesser...
Mais faut être un peu naïf pour imaginer son auditoire assez crétin pour croire à ses histoires.

vendredi 29 août 2008

L'aventure d'une fracture

Le grand classique:
Un char qui décide de tourner soudainement, sans signaler ses intentions bien sûr (on le sait; le clignotant est un gadget de l'antiquité, on ne le fabrique plus sur les voitures modernes)...
Un bécyk qui s'en venait (avec, en l'occurence, moi assise dessus) et se fait prendre au dépourvu.
Freins
Cris
Le temps de penser: «fuck!»
Et paf! La face est déjà dans l'asphalte, le nez prenant le rôle de coussin gonflable.
J'engueule la conductrice. Un passant fait de même. La dame se confond en excuses et me donnerait la lune pour réparer sa bêtise.
Pendant ce temps, quelqu'un avait signalé le 911.
J'ai droit au gros kit: pompiers, ambulance, police.
Une dizaine de gros muscles qui sont là juste pour moi, et inquiets.
WOW! Ça faisait longtemps qu'on m'avait accordé autant d'attention... ça donne presque le goût de recommencer.
Spontanément je leur dit: Ohhhh... vous êtes beaucoup... tout ça pour moi?
Ils sont d'une infinie gentillesse en plus.
J'en veux des comme ça dans ma vie.
Peut-être que ça me prendrait un chum pompier?
Nettoyage des plaies, signes vitaux.... mes fréquences cardiaques sont à 60! Pas trop énervant un accident de vélo...
On rigole. Je m'étais pas fait les jambes avant de partir, j'avais pas prévu me les faire scruter d'aussi près, alors je leur demande pardon pour cet écart de conduite.
Vérification du vélo: tout est ok.
En avez-vous encore pour longtemps là.... que je puisse aller m'entraîner?
Le policier me trouve un peu crinquée. Il termine son rapport et me suggère de plutôt aller me reposer.
J'enfourche ma bécane..... ouuuuu c'est vrai que je me sens un peu sonnée. Peut-être que je ferais mieux d'aller me payer du eld1 de fond de divan avec de la glace....
En arrivant, j'appelle S.O.S. maman pour un nouvel épisode de «j'écoute vos bobos». Elle est contente que je ne me sois pas fait plus mal.

Tiens.... j'ai comme un peu mal au poignet gauche.... peut-être une petite entorse?

J'annule tous mes rendez-vous sauf un que je n'arrive pas à rejoindre.
Je lui propose un massage à une seule main. On s'en sort pas si mal.

Nuit suivante.... Je me fais réveiller par Juliette qui me sniff le visage avec beaucoup d'insistance... oh-ohhhh... infection? Ça doit sentir bizarre pour qu'elle réagisse ainsi. Je me lève pour vérifier: j'ai les plaies infectées de pue, de la grosse glue blanche plein le visage. PWASH! Je nettoie tout ça et tombe en chute de pression. J'ai vraiment mal au nez. Serait-il cassé?
Lendemain matin: je m'enligne à l'hopital pour en avoir le coeur net.
Mon nezest ok, mais on m'annonce que j'ai une fracture au poignet et qu'il faudra me mettre dans le plâtre pour au moins 4 semaines....
NOOOOOOOOOOOOOONNNNNNNNN!!
Je refuse catégoriquement en disant au médecin que je ne peux absolument pas me permettre de porter un plâtre, je suis masso, j'ai besoin des mes mains pour travailler. Il me fait un air exaspéré.... tu es libre de faire comme tu veux, mais plâtre ou non, tu seras incapable de travailler sur une fracture.
Ma vie s'écroule. Je ne peux plus travailler, j'ai aucune assurance. Ouch le compte de banque...
Et ma saison de triathlon qui allait si bien vient de se terminer dretttt là.
Je suis inconsolable, et me sens tellement ridicule de pleurer ainsi alors que des gens sont en train de mourir en ces murs... et moi qui pleure comme une madeleine pour un petit plâtre.
En sortant de la salle, je tombe sur Julie, la gardienne de sécurité, une ancienne cliente. On se reconnaît.... c'est elle qui me console. On se donne des nouvelles, à l'époque elle s'entraînait beaucoup en course à pied avec un coach, etc. Je l'admirais beaucoup. Je lui annonce que je me suis embarquée dans la même secte à mon tour.
On m'appelle pour faire le plâtre. Je demande à l'infirmière jusqu'où elle a l'intention de monter ça.... jusqu'au coude?!!!!! Hey! Wooohhh là! J'ai un demi-ironman dans 2 semaines, y'a-tu moyen de pas faire ça trop big, je voudrais que ça m'encombre au minimum. Elle m'explique le pourquoi de la chose (quelle bonne patiente je suis... pffffff!!! Pire qu'un enfant). On négocie un peu, elle le racourci d'un pouce et me dit: «tu l'enlèvera pour ton triathlon, fais-toi faire un taping et tu reviendras nous voir après, on t'en refera un autre». Quelle bonne stratège! Avec ça, elle aurait pu me plâtrer le corps au complet que je me serais laissé faire.
Évidemment, une fois le choc passé et l'acceptation de mon sort, je me suis fait à l'idée... no Timberman pour moi cette année. Il faut savoir être sage. Surtout que le bon rétablissement de mes poignets prime sur tout le reste, si je veux pouvoir pratiquer ce métier que j'adore encore longtemps.
Prix de consolation: comme je peux courir sans douleur, je me suis payé au moins le demi-marathon final du Timberman. Quel bonheur! C'est fou comme on apprécie certaines choses à partir du moment où on en a été privé. Déjà que j'éprouve une grande passion pour le triathlon. Là j'ai pu en savourer chaque foulée. Faut dire que l'ambiance électrisante de cet événement y a contribué pour beaucoup. En plus d'avoir reçu plus d'encouragements que jamais... Wow! Doing it with a cast!! Gutsy!!
J'étais l'handicapée du jour... au 2e rang après les Hoyts.



Mais je me serais volontiers passé du sempiternel commentaire: «did you swim with that?!!», répété une quarantaine de fois par à peu près tous les gars qui me dépassaient. J'ai failli répondre par une baffe-en-plâtre aux 3-4 derniers. Surtout à la dernière, qui me l'a demandé en me picossant dans le dos durant le line up pour le snack (et à ce moment, j'étais vraiment dûe pour manger = d'humeur massacrante), je l'aurais tellement assomée quand elle a ajouté: «how do you feel about that?», mes yeux se sont remplis d'eau et je lui ai répondu «kess t'en pense connasse!». Je pense qu'elle a feelé assez cheap pour clore son questionnaire.

Morale de cette histoire.... après le choc de ce gros/petit drame, je réalise qu'on s'adapte à tout.
J'ai crée le super concept du massage à une main, pour les courageux qui osent s'y aventurer.... ce qui me garde relativement occupée et m'assure un modeste salaire.
Je peux m'entraîner en course et sur le trainer en vélo... ce qui est pas mal.
Et puis j'ai plein de temps pour relaxer.
Ça a été dure au début de décrocher de mon beat d'adrénaline... mais j'avoue que je commence à apprécier ma tranquilité. Et là avec le retour à l'école, la ville est quasi désertée. La météo frôle la perfection et il n'y a presque personne dans les rues et les parcs où je déambule. Comme si toute la ville s'était adaptée à mon rythme. Quel bonheur!

Le plâtre ne me dérange plus vraiment, mis à part cette odeur pestilentielle de vieille paire de godasse-ben-ben-ben-fatiguée à laquelle je ne m'habituerai jamais.

Ça devient même presque rassurant de reconnaître ce fumet qui me suit dans tous mes déplacements.
Mais après 4 semaines d'immobilisme, je serais maintenant tentée de rebaptiser cette fracture en soudure.
Mes parents ont été un peu cheap et m'ont doté uniquement de jambes bioniques.
Comme j'étais leur projet #1, je crois qu'ils voulaient s'en garder pour leurs projets #2, #3.... #4? Finalement, quand ils ont vu à quel point ils avaient atteint la perfection dès leur premier essai, ils ont décidé de s'arrêter là.
Donc... ne détenant donc pas l'oeil bionique nécessaire qui permettrait de percer la barrière du plâtre et de ma peau, je devrai attendre l'examen de l'orthopédiste avant d'en avoir le coeur net.

D'ici là, j'en profite pour faire tout ce que je n'avais plus le temps de faire. Notamment voir les copains. Je crois que j'ai eu plus de soupers d'amis depuis les 2 dernières semaines que j'en ai eu durant les derniers 6 mois. Et ça fait tellement de bien d'entendre les histoires des autres. Me sortir de ma secte de triathlon. Bien que j'aime ça passionnément (je me répète), ça fait du bien de se rappeler qu'il y a d'autres choses formidables qui se passent aussi tout autour.
Des voyages entre autres.
Comme Luigi, qui m'a transporté jusqu'à Hong Kong cette semaine, à partir de la terrasse du Réservoir. Très belle soirée!

Ça fait juste rééquilibrer les choses finalement....

mercredi 27 août 2008

Bingo!

Il m'arrive quelque chose d'extraordinaire...
Je suis officiellement devenue une 34B!
OH YEAH!!!
Le format idéal dont j'ai toujours rêvé.
Juste assez pour avoir l'air d'une fille, mais sans que ça déborde de tout bord tout côté.
C'est la plus belle chose qu'il me soit arrivé depuis longtemps longtemps longtemps.
Du plus loin que je me souvienne, j'ai toujours acheté du 36C... même ado.
J'ai même déjà sérieusement songé à l'ablation tellement ça me tannait...
Imaginez le swing des «C» en course à pied...
C'était la première chose qui frappait en me voyant, toute l'attention convergeait vers cette espèce d'excroissance disgracieuse.
Là, ça a repris sa place normale: Présent mais discret.
J'arrête pas de me regarder dans le miroir... pis j'en reviens pas! C'est tellement chouette!
J'ai jamais compris celles qui payent pour s'en faire ajouter, avec une texture pwish en plus.
Je dois être anormale... une fois de plus.

mardi 26 août 2008

Stretching Félin...

Vous avez des chats?
Vous faites du sport?
Vous avez la discipline du stretching?

Si vous avez répondu oui à ces trois affirmations, pouvez-vous m'expliquer pourquoi les chats ont tant l'impression qu'une séance de stretching leur est destinée?
Surtout avec cette joyeuse odeur de transpiration qui normalement, en repousserait plus d'un.
Ça fait des années qu'ils me voient répéter les mêmes mouvements de contorsion et qu'ils maintiennent fermement leur espoir de se faire flatter en même temps que je me tiens le genou d'une main et que je pousse le plancher de l'autre.
«tu peux nous flatter avec le coin d'une cheville aussi tu sais... c'est correct quand même, ça fait un peu la job».... «regarde, je vais te montrer comment tu pourrais procéder», et les voilà à se contorsionner eux aussi en s'auto-flattant sur moi, pour me montrer les diverses possibilités existantes.
Pffffffffffff...
Y'en a marre!

jeudi 5 juin 2008

Aphorisme

Selon une vaste étude menée par la firme Truc'Hot:
La tendance à être raisonnable est inversement proportionnelle à la capacité d'avoir du fun dans la vie....

mardi 3 juin 2008

les incongruitées de la vie

C'est la 2e fois que ça m'arrive, et à chaque fois je peux pas m'empêcher de trouver ça weird...
Le traitement d'une pharyngite est..... din-din-din-din-din... le suppositoire!
Traiter la porte de sortie pour guérir la porte d'entrée... non mais faut l'faire quand même.
Et, j'en suis la preuve vivante: ça marche pour vrai... c'est ben ça l'pire!

mercredi 7 mai 2008

Dilemme

J'ai en ce moment même un petit délice sous la main... un bon Spritzer au raisin (j'ai une rage de raisin et de tous ses dérivés par les temps qui courent... et ils courent à 3:15 au km en plus, c'est dire...).
Mais à chaque gorgée, mon nez vient se heurter sur le bidule* de la canette et... ma narine ne peut s'empêcher de constater que ça pue un peu. Il sent la vieille serviette qu'on a laissé traîner trop longtemps dans la laveuse avant de la faire sécher et qui garde une odeur d'humidité.
Ce qui réduit un mini peu mon enthousiasme.
Je dis un mini peu, parce que chez S, toutes les serviettes ont cette odeur. Il a l'odorat dysfonctionnel le pauvre, c'est pas sa faute, il se rend pas compte.

Mais là, chaque fois que mon nez heurte le bidule, ça me fait aussi penser à S. (ahhh le power de la mémoire olfactive.... s'il savait ce qu'il manque lui). Et j'aime ça penser à S....

Alors je ne sais plus si je trouve cette expérience agréable ou désagréable finalement.


*bidule-de-la-canette: ce fameux machin qui nous sert de levier pour ouvrir précautionneusement la canette en essayant d'éviter qu'elle nous explose dans la face. Juste avant de s'y pitcher ladite face.

Entendu pour vrai

D'un client hier, un peu simplet c'est vrai, mais tellement gentil.
Il me dit:
«J'ai commencé à aller voir un psychopathe... ça me fait du bien»...
J'ai ri quand il m'a dit ça, je trouvais que le gag était bon. Il a ri lui aussi voyant ma réaction, puis a poursuivi son histoire. J'ai réalisé ensuite que c'était pas vraiment un gag, ou du moins, qu'il était involontaire. Alors je lui ai expliqué la différence entre un psychopathe et un psychologue...
Mais j'ai eu le fou rire tout le long du massage.
«Je consulte un psychopathe...ça me fait du bien»...
Peut-être que je devrais commencer ça moi aussi au fond.

lundi 5 mai 2008

Mon ami le vent....

Le seul de tous mes amis dont je peux me vanter (oh!) préférer lorsqu'il me parle dans le dos.... à vélo.

dimanche 4 mai 2008

Big Time SPM

Ça peut être puissant une hormone de mauvaise humeur...
Woooooooo....
Heureusement, c'est pas comme ça tous les mois.
Un peu plus tôt cette semaine, j'aurais détruit à peu près tout ce qui me passait sous la main, et ce, pour aucune raison particulière.
Ma vie en entier j'avais juste envie de l'envoyer valser.
Alors j'ai débranché le téléphone et me suis octroyé un long break, coupée de tout. No massage, no training, nada.
J'ai élu mon lit «île déserte du bout du monde» et m'y suis réfugiée pour un après-midi complet avec un livre et des bd. Y'a deux faces de poil à moustache qui ont pris un p'tit radeau pour venir m'y rejoindre. Les seules traces de vie tolérées sur mon île.
Et ça m'a fait le plus grand bien.
L'hormone s'est apaisée.
A force de lui dire «sit doggy....sit! SIT!!»... Elle a fini par comprendre et elle est retournée se cacher dans son trou. Pour longtemps j'espère.

Le mal de ventre qui a suivi, une couple de jours plus tard, a été quasi aussi intense (comme quoi le corps a cette tendance à la proportionnalité)....
Mais j'ai découvert un truc naturel pour le faire passer: faire du bécyk! Ben oui...
J'approchais du circuit Gilles Villeneuve pour aller faire mes intervalles quand tout à coup (roulement de tambour) j'ai senti que l'utérus commençait à vouloir cramper..... Mmmmm pas sûr que je tiendrai l'coup (me murmurai-je
discrètement à l'oreille). Surtout pour faire 50 minutes en ELD2 (voir les explications des zones d'intensité sur le blog de Trigirl Québec: les ELD's démystifiés).
Mais.... dès que j'ai commencé ma séance... pouf! Envolé le mal de ventre!
Ce fut un entraînement sublime où j'ai enfin été capable de franchir mon blocage psychologique et utiliser mes barres de triathlon. Ça y est, je suis une véritable triathlète maintenant. Grâce à super Mathieu et son positionnement impec'.
J'ai même vu mon p'tit renard à 2 reprises. Dont une fois où il était assis bien sagement à nous regarder passer, nous les cyclistes. Nos regards se sont croisés.... Ouuuuuuu....INTENSE!
Ma vie doit manquer de romantisme pour que je me mette à tripper sur les yeux d'un renard...
Finalement, c'est en arrivant chez moi que le mal de ventre a refait surface, tel un retour de boomerang reçu en pleine gueule. Comme quoi les endorphines peuvent être assez puissantes.
La prochaine fois, je pédalerai durant une semaine complète pour m'éviter la douleur.

jeudi 27 mars 2008

Plus que temps

Mystère...
J'ai lavé (et frotté vigoureusement) mes semelles de chaussures de vélo....
Mais c'était pas ça.
Je cherche encore d'où ça vient.
Cette odeur de p'tit pied d'jeune fille qui flotte dans mon appartement depuis une semaine. C'est répugnant. Je fais aérer régulièrement, mais c'est comme si j'avais le p'tit pied puant pendu juste sous la narine. L'odeur me suit partout. Je vais devenir dingue. J'ai peur que mes clients le sentent et qu'ils me disent... ouin Isabelle, il est temps que ta saison de vélo recommence... je pense que ton appart est saturé du parfum-de-l'indoor-training....

Justement... tantôt, en m'empifrant de biscuits social tea, j'étais convaincue d'y lire «bicyclette» au centre du biscuit. Je marchais sur le trottoir (gourmande que je suis, impossible d'attendre d'arriver chez moi pour entamer le sachet) et j'inclinais le biscuit dans tous les angles pour être bien certaine d'y voir bicyclette. Je me disais «hey wow!», mais en même temps, je ne voyais pas le lien entre le biscuit et le vélo. Finalement, avec l'aide d'un rayon de soleil, la lucidité revint à moi et il s'agissait plutôt de «biscuitte».
Qu'est-ce que je disais déjà?
Ah oui... il est grand temps que la saison de vélo recommence...

vendredi 14 mars 2008

Chat va pas...


Ce matin, ce n'est ni le réveil-matin, ni la fin naturelle de ma nuit qui m'a sorti du sommeil. Non. Plutôt cette étrange sensation d'être observée. En ouvrant les yeux, j'avais deux faces de chat à 3 pouces du nez. Ils étaient assis bien droit, sérieux et silencieux.
«Lève-toi, faut qu'on s'parle» qu'ils me lancent.
J'étais convoquée à un miawting d'urgence.

...est-ce que vous me laissez le temps de me faire un café...?

De retour dans le lit...

-PiüPiü: Il faut élire un nouveau chef. Ça fait plus de 2 semaines que Miss Loulou nous a quitté, on n'a plus de chef, ça prend un chef, on veut un chef.
-Moi: Wôôôhhh... Du calme bozo! Je vois pas pourquoi tu t'énerves autant, y'a pas plus hiérarchique que vous les félins. Donc automatiquement, tu es le nouveau chef depuis 2 semaines.
-PiüPiü: Ça n'avait pas été officiellement officialisé.
-Moi: Bon... Pis toi Juliette, kess t'en penses?
-Juliette: Prrrrrrr-shrrrrrr-shrrrrrrrr
(dès qu'on lui adresse la parole, cette chattonne se met à ronronner...pfffff)
-Moi (un peu moqueuse): Alors Monsieur PiüPiü, nous te déclarons nouveau chef des chats. Toutes mes félicitations, j'espère que vous serez comblé par vos nouvelles fonctions. Et maintenant, j'aimerais aller déjeuner.
-PiüPiü: un instant, un instant. Nous n'avions pas terminé, il faut maintenant faire ton évaluation de maîtresse des chats...

Je vous résume la suite parce que ce fut une longue analyse jusque dans ses moindres détails...
À l'ordre du jour:
-1- Qualité des caresses:
En gros, ils s'estiment très chanceux d'être tombés sur une maîtresse massothérapeute. Mais trouvent que je n'exploite pas assez longtemps mes talents sur eux. Leur séance dure rarement plus de 5 minutes (et encore... ils doivent venir se frotter sur moi pour déclencher ladite séance...), ce qui est bien loin des heures de tripotage que j'offre aux clients qui entrent ici. Non seulement c'est injuste (les clients ne sont même pas membre de notre famille et ils ont droit à beaucoup plus), mais j'additionne au supplice de les confiner au rôle de spectateurs.
Ils ont aussi ajouté qu'ils trouvent que le p'tit blond qui vient ici pas mal souvent depuis l'été dernier, détourne un peu trop mon attention d'eux. Ils s'expliquent assez mal ce que je lui trouve, lui qui n'a pas d'poil. J'ai eu un avertissement: faudra que je me resaisisse... sinon...sinon ils m'ont menacé de perdre beaucoup de poil autour et sur lui durant la nuit pour le faire éternuer jusqu'à lui enlever l'envie de venir dormir ici.
-2- Fréquence des repas:
Depuis que la vieille chef est partie, je les néglige un peu. C'était Loulou qui callait les shot côté bouffe. Depuis que ça miaule moins dans la cuisine, j'oublie de les nourrir. Aussi, ils aimeraient bien avoir une nourriture normale maintenant que la dodue n'est plus («la dodue» c'était le surnom affectueux qu'ils lui avaient donné). La diète imposée, raz-le-bol.
-3- Propreté de leur petite toilette (littière):
Tout va bien de ce côté, rien à signaler. Ça va même plutôt bien, surtout depuis qu'ils se la partagent à deux plutôt qu'à trois... et que j'ai gardé la même fréquence de nettoyage.

J'ai pu récupérer quelques points sur cette partie d'évaluation... heureusement, sinon je me vouais à l'échec félin.

mardi 4 mars 2008

Récit d'une Pentathlète


Samedi 23 février a eu lieu mon fameux-et-fou pentathlon des neiges sur les plaines d'Abraham...
Quelle belle expérience!
Une ambiance à tout casser comme j'ai rarement vu en compétition. des tonnes de spectateurs plein d'enthousiasme.
Et un site qui permet de les croiser régulièrement. Avec les 4 transitions et les nombreuses boucles à faire.
S a été un cheerleaders formidable, à crier tous les slogans d'encouragement possible, placé stratégiquement, toujours un peu à l'écart du moton de spectateurs, avec son gros manteau turquoise, je pouvais pas le rater. Je l'ai croisé 14 fois au total!
Météo des plus confortables, avec un soleil divin.
Le parcours était vraiment difficile, que des côtes pour chaque discipline, sauf le patin.
Nous étions 240 à prendre le départ en vélo. 140 équipes + 102 athlètes en solo (dont moi). Départ-parade mollo sur Grande-allée contrôlée par une voiture qui nous amenait jusqu'à la basse ville d'où était lancé la véritable course. J'ai descendu pas mal sur les break, pissou de moi qui craignait de croiser une plaque de glace. J'avais aussi les doigts gelés alors j'ai préféré les laisser sur les freins avant de ne plus sentir où ils étaient...
Avec tout ça, je me suis retrouvée au bas des côtes pas mal en fin de peloton.... mais une fois sur le boulevard plat qui longeait le fleuve, j'ai sorti mon turbo et j'ai remonté tout le peloton jusqu'en avant (ou presque... dans le premier quart du moins). Puis on tournait sur une petite rue enneigée pour revenir sur nos pas. L'hécatombe, ça s'est mis a chuter de tout bord tout côté.... sous la fine couche de neige, il n'y avait que de la glace. Alors en freinant pour éviter ceux qui chutaient, c'était inévitable, tout le monde glissait... Je sais pas comment j'ai fait, j'ai réussi a les éviter et passer sans tomber (hey Hugo... j'ai presque pas déclipé dans cette section en plus! J'ai pensé à toi... ahahah). Puis le retour qui nous faisait grimper une putain d'côte à au moins 18% d'inclinaison sur environ 500 mètres, dont un léger tronçon qui devait bien faire 20%. Presque tout le monde était en vélo de montagne, c'est là que j'ai pris avantage de mon vélo de cyclo-tourisme avec mes trois plateaux... J'en ai clenché plusieurs en montée... YEAAAHHHHH!!!
C'est aussi la partie de ma course dont je suis la plus satisfaite, j'y ai fini 1ère de toutes les filles et 39e sur les 240 cyclistes au total.
Ensuite les 4km de course à pied se sont bien déroulés, mais la neige tapée-piétinée dérapait un peu, la «grip» était moins évidente.
J'ai été vraiment nulle pour les 2 étapes suivantes: ski de fond et patin... j'y ai perdu toute mon avance. J'ai très mal géré ma consommation de gel énergétique et de liquides (j'ai presque rien pris....une vraie débutante... et il n'y avait à peu près pas de ravitaillement), alors j'ai eu une grosse baisse d'énergie en ski. Le parcours était très technique, des virages en épingle en bas des côtes... pfffffff!!! j'ai chuté à chaque passage. À la 2e boucle j'étais tellement tannée,je me suis mise à faire du pas de patin avec mon équipement de classique, et j'avançais plus vite. Faut l'faire!
Patin: on avait 8 tours à faire sur un anneau de 600 mètres. J'avançais pas pantoute. Pu d'jus. J'ai pas fait trop honneur à mon ancienne vie de patineuse. Mes patins allaient tellement mal...Je les avais fait aiguiser la semaine dernière (dans une boutique de hockey....) en spécifiant au gars que j'étais pu une patineuse artistique, la coupe était pas si importante et je voulais pas que ça morde trop parce que ça va pas toujours bien des patins fraîchement aiguisés... ben je pense qu'il a carrément aplati mes carres! Ça mordait encore moins qu'avant l'aiguisage.
Étape finale: 4km raquette. Celle que j'appréhendais comme la plus difficile et qui, finalement, aura certainement été celle que j'ai le plus apprécié. Le parcours était splendide, en forêt, à flanc de montagne avec vue sur le fleuve. J'ai eu un p'tit regain d'énergie pour cette étape. J'avais pris un gel en patinant... et me suis amené un bidon d'eau en courant. Et je trouvais que le paysage était tellement beau... je savais que ça achevait... et aussi, j'ai recommencé à dépasser du monde (ce qui était plutôt l'inverse en ski et patin). Mais le boost du boost fut à 2km de la fin, quand Simon m'a crié: «Hey! Tu m'impressionnes en criss!!!... let's go baby!!».
J'ai complété le tout en 2h09.
J'ai fini 4e sur 10 dans ma catégorie.
C'est vrai que les transitions étaient vraiment longues à faire, comparativement au triathlon, mais tout le monde était dans le même bateau. Et d'un autre côté, ça laissait un peu de temps pour reprendre notre souffle.

J'ai déjà envie de récidiver l'an prochain... mes avec quelques complices de course cette fois...

mercredi 12 septembre 2007

Le festival du superlatif tire à sa fin

Plus que trois jours avant de mettre un terme à ce voyage de rêve.

Ce sera donc la dernière page de mon roman que vous recevrez aujourd’hui.

D’abord, je dois rectifier une info : la vraie fille en moi avait confondu Centaur avec Record pour mon grupo…. Donc vélo pas équipé aussi top que je le croyais, mais il roule en tabarnouchtos quand même! Une vraie Cadillac! Conduite très nerveuse, il réagit au moindre battement de paupière.

Nous avons fait une belle ride de 140km hier. Principalement sur des routes de campagne (des « cami » qu’on dit ici) étroites, bordées de murets en vieilles pierres des champs. Très bucolique. En faisant des arrêts selon les cultures croisées au passage. On a bouffé des amandes en masse cette fois. C’est tellement bon, laiteux même, un peu comme une noix de coco fraîchement cueillie dans le sud. On a « subi » notre emballement pour les poires cactus… on s’est tous ramassés avec des milliers de petites épines plantées dans les doigts, les mains et le tour de la bouche. On a passé le reste de la journée à tenter de s’en dégarnir. Moi j’avais eu la brillante idée de garder mes gants de vélo pour me protéger un peu, mais ils se sont fait un plaisir de se monter une collection de pic-pic, ce qui fait qu’à chaque fois que je remettais mes gants, je m’en replantais une vingtaine de nouvelles dans les mains. On a passé l’après-midi à entendre « aïe! », chaque fois que quelqu’un freinait, ou appliquait une quelconque pression sur une épine oubliée. Pas mal comique. Ça m’a rappelé une certaine expérience d’enfant… tu te souviens Mélanie…?

Ce fut une ballade très fructueuse pour les yeux : on a croisé des cultures de pommes grenades, melon d’eau, piment fort, un vignoble aux raisins gorgés de soleil, des poires, etc. En plus de tous les animaux de campagne (cochon, mouton, chevaux, vaches).

Le groupe s’homogénéise relativement bien. Nous sommes 8, 5 girly girls, et 3 hombres.

Nous avons aussi grimpé une petite montagne. Dénivelé de 400 mètres sur 5km… autour de 8% d’inclinaison. Tout en lacet, c’était magnifique. Et le point de vue au sommet en valait vraiment les hautes fréquences (cardiaques). Il permettait un coup d’œil sur toute la vallée, jusqu’à la mer d’un côté, et jusqu’aux montagnes de l’autre. Et puis ici, ce sont essentiellement des forêts de pin qui tapissent les montagnes. Ça sent bon!

Mais là, là, il y a deux cyclistes qui nous font cruellement défaut (à nous les zizabelles), et plus que jamais! J’aurais bien roulé dans une roue bleue moi….

Isabelle s’est fait pîquer (en roulant) dans l’arcade sourcilière par un gros bourdon. Ce qui nous porte sérieusement à croire que les bourdons volent de reculons en Espagne. Bel œil enflé qui lui donne un air espiègle.

Et autour de notre appart, ce sont encore des mini rues étroites, pavées de vieilles dalles, et qui sillonnent dans tous les sens. Ce qui nous donne l’impression de rouler dans la pub de l’Italien qu’on a vu sans arrêt durant le tour de France.

Aujourd’hui, ride de récup. Et manana, on se dirige vers les grosses montagnes, se payer une couple de col.

À tous les ceuzes qui font le triathlon de Mtl samedi : GO! GO! GO! Je serai avec vous en pensée. Véro, j’ai pas le email de Martine ici, veux-tu lui dire qu’on pense à elle pour son demi « Ironwomen ». Et puis bonne arrivée de tomate pour toi today!

Hasta la vista pour plein de photos de ce périple.

Portez-vous bien

i.